Pierre Benoît, « L’Atlantide »

Forum Le Coin des lecteurs, 20 avril 2011.

L’histoire

Le narrateur, Ferrières, lieutenant au poste de Hassi-Inifel, en Afrique du nord, voit son quotidien bouleversé par l’arrivée du capitaine de Saint-Avit, son ancien camarade de promotion, qu’il n’a pas vu depuis des années. Dans l’intervalle, Saint-Avit a acquis une réputation sulfureuse : on murmure qu’au cours d’une mission d’exploration dans le Hoggar, il aurait assassiné son unique compagnon de voyage, le géographe Morhange.

Après des retrouvailles tendues, Saint-Avit en vient à expliquer à son ami la nature réelle de son voyage et le détail de ses péripéties. C’est que la mission de Saint-Avit en compagnie de Morhange les a entraînés tous les deux, entre leurs trouvailles énigmatiques et les pièges des rebelles touaregs, jusqu’au fin fond du Hoggar, sur la piste d’un royaume que l’on croyait depuis longtemps disparu : rien de moins que l’Atlantide dont parlait Platon ! Mais aucun explorateur occidental n’en est jamais revenu : tous ont succombé au charme de la mystérieuse reine, Antinéa, qui dit être la dernière atlante…

Mon avis

L’Atlantide est un classique du roman d’aventure paru en 1919. C’est encore une valeur sûre, grâce au talent d’écrivain de Pierre Benoît, qui sait très bien mettre en place le suspense et surtout l’atmosphère des lieux qu’il évoque. On se retrouve tout de suite à la lisière du désert et dans les rochers du Hoggar. De même, Pierre Benoît s’est solidement documenté sur son sujet, aussi bien sur les touaregs et l’Afrique en général que sur l’Atlantide et l’Antiquité. L’originalité du roman tient à la version inattendue qu’il propose de la survie de l’Atlantide, et aux quelques personnages hauts en couleur qui la peuplent.

Le roman est bien sûr très daté dans sa présentation colonialiste de l’Afrique et de ses populations (et cela d’autant plus que Benoît n’était pas vraiment un progressiste sur ce genre de sujets) ; mais les personnages africains, s’ils sont traités avec un goût de l’exotisme exacerbé, ne sont pas trop clichés, du moins pas les personnages principaux (comme le mémorable Cegheïr ben-Cheïkh, inspiré d’un personnage réel, ou la servante Tanit-Zerga). Un problème presque plus important, c’est que l’intrigue n’est pas sans faiblesse, mais on ne s’en rend compte qu’une fois le livre terminé : l’ensemble paraît un peu léger, et, pour le coup, assez cliché dans ses ressorts dramatiques. Le livre conserve tout de même un charme certain, vaguement kitsch, un peu comme un film du début du siècle (le livre a d’ailleurs inspiré de nombreuses adaptations). Une valeur sûre, peut-être pas inoubliable, mais le roman se lit vite, de toute façon.

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