[Film] « Le Grand Méchant Renard et autres contes », Benjamin Renner et Patrick Imbert

2017, Le Grand Méchant Renard et autres contes, Benjamin Renner et Patrick Imbert

Référence : Le Grand Méchant Renard et autres contes, film réalisé par Benjamin Renner et Patrick Imbert, France/Belgique, 2017, 80 minutes.

Nous revoici dans le domaine du cinéma d’animation français avec Le Grand Méchand Renard et autres contes, un dessin animé comique co-réalisé par Benjamin Renner (très remarqué pour son adaptation d’Ernest et Célestine) et Patrick Imbert, le tout adapté de la BD de Benjamin Renner qui avait remporté plusieurs prix à sa parution en 2015. J’avais manqué le film en salles, mais il est sorti en DVD il y a peu.

Nous suivons donc les aventures d’un renard et de poules dans une ferme, mais aussi d’autres animaux, puisque le film se compose de trois relativement-courts-métrages qui sont assemblés sous la forme d’un spectacle de théâtre présenté par les personnages sur une scène avec rideau (les présentations et interludes étant naturellement l’occasion de gags supplémentaires).

Dans le premier et dans le troisième, un malheureux cochon a fort à faire avec les gaffes continuelles d’un canard et d’un lapin. Dans la première histoire, ils sont trompés par une cigogne flemmarde et se retrouvent avec sur les bras un bébé à livrer à la ville, chez les humains ; dans la troisième, le canard et le lapin font tomber accidentellement un père Noël en plastique la veille de Noël et sont persuadés d’avoir tué le vrai père Noël, ce qui les décide à tenter de distribuer les cadeaux eux-mêmes. Le canard et le lapin ayant le don de se placer dans une série de situations toutes plus périlleuses les unes que les autres pour eux et pour les autres, le cochon essaie de les arrêter, à ses risques et périls. Courses-poursuites, cliffhangers en série, humour slapstick avec moult cascades, chutes, collisions et bosses, mais aussi des raisonnements absurdes et naïfs qui m’ont parfois fait penser à une version jeunesse de Perceval et Karadoc dans Kaamelott. Comme avec ces deux autres compères, on hésite à s’attendrir pour ce canard et ce lapin ou à leur mettre une paire de baffes. Le cochon, en revanche, mérite toute notre compassion.

Très cartoonesques, ces deux histoires se déroulent à un rythme endiablé, avec des ficelles souvent classiques, mais aussi quelques jolies trouvailles, et sans jamais sombrer dans la frénésie (ce que je reproche en revanche à des films du type Moi, moche et méchant) ni dans l’éparpillement référentiel (il n’y a pas un clin d’œil, un hommage ou une allusion toutes les 30 secondes, ce qui renforce l’immersion dans l’histoire et confère davantage de personnalité au film en dépit du classicisme de ses ingrédients de base).

Le deuxième court-métrage, un peu plus long, est celui dont le renard est la vedette et qui donne son titre principal au film. Le renard essaie d’attraper des poules à la ferme, mais il est plus petit et plus faible qu’elles et se prend toujours des raclées, car il n’arrive pas à être grand et méchant. Coaché par le loup, il décide sur son conseil de voler des œufs afin d’élever des poussins pour les manger quand ils deviendront gros et gras. Ce à quoi il s’emploie, mais les poussins le prennent pour leur mère et le cœur du renard fond malgré lui. Sauf qu’il élève les poussins comme des renardeaux, d’où, à terme, problème. Là encore, le répertoire des personnages et des situations est classique, mais l’histoire est bien ficelée et les personnages approfondis. Les poules volontaires rappellent un peu celles de Chicken Run (en encore plus résolues).

Destiné à un public très enfantin (je le pense aisément regardable en dessous de 10 ans, voire en dessous de 8), ce dessin animé reste très divertissant pour des spectateurs et spectatrices adultes, grâce au soin apporté aux dessins (avec notamment des couleurs numériques soignées qui font parfois penser à de l’aquarelle) et à l’animation, vive et enlevée sans devenir illisible. Le tempo des gags est bien équilibré, il y a de petits temps plus calmes régulièrement et des moments émouvants ou poétiques. Le troisième court-métrage fait un mini-dessin animé « de Noël » tout indiqué pour les petits, où l’on retrouve les personnages des deux courts-métrages précédents (le renard et les poules y réapparaissent). Les voix sont aussi soignées et ne contribuent pas peu à l’ambiance et à l’humour. D’ailleurs : une bande annonce pour voir le style du dessin et les voix.

Bref, si vous voulez un beau petit dessin animé à voir en famille avec de jeunes enfants qui ne soit pas déjà une superproduction cynique façon Shrek, mais un cocktail de vraies histoires au premier degré, je vous recommande chaudement Le Grand Méchant Renard. Si vous êtes déjà adulte, je vous conseillerais plutôt Ernest et Célestine dont l’histoire est plus développée et ménage davantage de niveaux de lecture (sauf si vous l’avez déjà vu et que vous avez adoré le style de Benjamin Renner, auquel cas vous pouvez passer au Grand Méchant Renard sans crainte, ça va vous plaire aussi ! Rien que pour le plaisir, l’extrait avec la rencontre entre Ernest et Célestine).

J’ai d’abord posté cette critique sur le forum CasusNO le 4 novembre 2017 avant de la retravailler pour publication ici.

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