[Film] « Le Tableau », de Jean-François Laguionie

19 juillet 2012

Affiche du film "Le Tableau", représentant un coin du tableau en contre-plongée et une jeune femme s'élançant hors du tableau dans le vide.

Message sur le forum elbakin le 2 décembre 2011.

Nouveau long métrage d’animation de Jean-François Laguionie, un habitué de la fantasy en animation puisqu’il a déjà réalisé Le Château des singes et L’Île de Black Mor (mais aussi plusieurs courts métrages fantastiques ou merveilleux plusieurs fois primés).

La division règne parmi les personnages d’un tableau inachevé. Les Tout-peints, seuls personnages terminés du tableau, vêtus de somptueux vêtements colorés, méprisent les personnages inachevés, les Pas-finis, à qui il manque quelques finitions, et les Ruffs, de simples esquisses. Le peintre reviendra-t-il un jour terminer son tableau ? On le pensait au début, mais ce n’est plus l’opinion des Tout-peints, qui, en vertu de leur beauté, s’arrogent le pouvoir sur les autres. Poursuivis par des Tout-peints, une Pas-finie et un Ruff, ainsi qu’un Tout-peint coupable d’être en couple avec une Pas-finie, s’égarent jusque dans la forêt interdite, réputée remplie de périls mortels. Ils décident alors de tenter le tout pour le tout : sortir du tableau, et retrouver le peintre pour lui faire terminer tous les personnages. Ils découvrent alors le monde réel, puis les autres tableaux du peintre, qui forment un univers visuel riche en plaisirs et en dangers. De tableau en tableau, ils font tout pour retrouver la trace du peintre… en espérant que ce soit vraiment la solution à leur problème.

J’ai beaucoup aimé ce film. Il est visuellement superbe, savoureux à regarder et à écouter. Les graphismes sont placés sous le signe de la peinture expressionniste ; les tableaux sont un réjouissant festival de couleurs (et parfois un festival tout court), semé de trouvailles créatives. L’animation utilise certainement des modélisations en image de synthèse pour les personnages, mais leur rendu 2D se fond bien dans les décors et l’ensemble a un « cachet » original par rapport à ce qu’on voit habituellement ces temps-ci. La musique et les bruitages sont également très soignés.

Le thème de l’histoire est un grand classique, une réflexion sur la création et sur la vie des personnages d’une création, mais l’intrigue évite les poncifs et traite ce thème connu d’une façon originale, qui donne à réfléchir et sait s’arrêter avant d’en faire trop, que ce soit dans la réflexion politique ou dans la mise en abîme. Le résultat est un fort beau film, dont on ne parle pas assez !