[Film] « Bisclavret », d’Émilie Mercier

22 juillet 2012

Message posté sur le forum elbakin.net le 21 avril 2012.

Je suis tombé récemment sur une petite merveille : Bisclavret, un court métrage animé d’Emilie Mercier produit par le studio Folimage (La Prophétie des grenouilles, Mia et le migou, Une vie de chat, etc.). C’est une adaptation d’un lai de Marie de France du même nom : l’histoire d’un chevalier qui devient loup-garou certaines nuits et dont l’épouse ignore le secret. L’histoire originale est classique mais efficace, et le parti pris visuel du film est tout aussi intéressant : il emploie des graphismes directement inspirés des vitraux médiévaux.

Le résultat est tout bonnement magnifique, chaque image du film est superbe prise individuellement, et l’animation elle-même fonctionne bien (c’est assez proche du dessin découpé, mais fait par ordinateur). Le travail sur le trait, les couleurs et la luminosité est vraiment très soigné. Le film alterne voix off et dialogues, en reprenant de près le texte du lai, en vers, mais traduit en français moderne et légèrement abrégé pour plus de souplesse. La musique achève d’installer l’ambiance médiévale.

Je connaissais l’existence de ce court métrage depuis un moment, mais je ne l’avais pas encore vu et je regrettais qu’il n’existe pas en DVD. C’est maintenant le cas, sous une forme un peu particulière : un livre-DVD. Le DVD ne contient que ce court métrage (avec un court reportage de making of) ; en soi, pour quelque chose comme 14 euros, ce serait cher, mais il y a aussi le livre, de petit format, à l’italienne, à couverture rigide, qui reprend des images (superbes) du film et l’ensemble du texte, plus un petit entretien avec la réalisatrice à la fin. Il vaut beaucoup mieux commencer par regarder le DVD et ne feuilleter le livre qu’ensuite, pour mieux profiter du film.

L’ensemble est à mi-chemin entre les contes animés façon Michel Ocelot (Princes et princesses, Les Contes de la nuit, etc.), pour l’intrigue, et Brendan et le secret de Kells, long métrage animé qui s’inspire des enluminures médiévales, pour les graphismes. C’est orienté jeunesse, assez accessible aux petits (peut-être pas les plus petits à cause de la langue un peu littéraire, mais ça reste accessible), mais les adultes profiteront aussi des graphismes à tomber par terre. C’est vraiment un petit bijou, et je suis bien content d’être tombé dessus par hasard.

La fiche du film sur le site de Folimage, où on peut voir quelques images. Il y a aussi un plan du film publié sur Dailymotion à l’époque de la production et un extrait du film terminé sur Youtube.

Ça me fait un peu penser à un autre beau film assez proche, mais en long-métrage et dans un style graphique différent : Brendan et le secret de Kells. Si vous préférez le même genre de chose au format long métrage, jetez-vous dessus, il y a un jeune moine et une fille de la forêt, un grimoire mystérieux, un peu de magie et de méchants Vikings, le tout dans une ambiance celtique très agréable et avec des décors inspirés des enluminures médiévales (et une musique de Bruno Coulais, aussi).

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[Film] « Melancholia », de Lars Von Trier

19 juillet 2012

Forum elbakin.net, 28 août 2011.

Vu Melancholia. Pas convaincu, j’hésite entre Déconseillé et Sans plus. Le film m’attirait malgré les commentaires beaufesques de Lars Von Trier au festival. Le sujet est intéressant, le traitement est vaguement plus subtil que ce que la grosse production américaine de base aurait fait… mais finalement pas beaucoup plus.
La première partie (sur Justine) est bien, peut-être en partie parce que le sujet de la fin du monde y reste assez effacé et se prête donc à des interprétations fantastiques (est-ce que ça va vraiment être la fin du monde ou est-ce que c’est juste l’histoire d’une dépression). Mais la deuxième partie (sur sa soeur, Claire) m’a paru bizarrement beaucoup plus faible. Le film hésite trop entre un traitement réaliste du sujet (avec données scientifiques, spéculation sur les réactions des gens, etc.) et quelque chose de plus symbolique ou psychologique. Et finalement ça ne ressemble pas à grand-chose, et ça ne se détache pas assez des clichés fantastiques (la femme qui sait les choses d’instinct, joue la prophète de malheur et regarde impassible le monde s’écrouler… ouais, bon, ça va deux secondes) et des stéréotypes  vus et revus (bon, on se retrouve tous en famille et on fait joujou avec les enfants). Du coup, il n’y a pas vraiment de réflexion fouillée, moins d’originalité que ce que j’attendais… et la claque visuelle du début du film ne se prolonge pas dans la suite. J’ai été déçu…