Michael Crichton, « Jurassic Park »

1 janvier 2018

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Référence : Michael Crichton, Jurassic Park, New York, Alfred A. Knopf, 1990. Traduction française : traduit de l’américain par Patrick Perthon, Paris, Robert Laffont, 1992. (J’ai lu le roman en anglais dans l’édition britannique parue à Londres chez Arrow en 1991.)

Il est possible que, comme souvent, le grand public connaisse le film Jurassic Park de Steven Spielberg (sorti en 1993) mieux que le roman dont il est adapté. Pourtant, Jurassic Park est bien d’abord un roman publié par Michael Crichton en 1991, un de ces « techno-polars » dont l’auteur américain, mort en 2008, s’était fait une spécialité. Certes, le lien entre le roman et le film est étroit, puisque Crichton a pris part au scénario de l’adaptation réalisée par Spielberg. Mais le roman lui-même connut les honneurs (relatifs) des palmarès des meilleures ventes, et aussi (c’était moins gagné d’avance) ceux de la critique, bien avant la sortie du film, puis des suites au livre et au film. Qu’en est-il de ce roman qui a tant influencé l’imaginaire des dinosaures depuis vingt ans ?

Non ex nihilo

D’abord, il va de soi que ni l’intérêt des romanciers pour les dinosaures, ni l’idée de leur faire rencontrer des humains ne sont des inventions de Crichton. Depuis leur découverte, les dinosaures ont stimulé l’imagination des artistes avec une belle régularité. Le roman Le Monde perdu de Conan Doyle, paru en 1912, est l’une des premières fictions à mettre en scène une rencontre entre humains et dinosaures dans le monde actuel. Et plusieurs des espèces de dinosaures présentes dans le roman de Crichton étaient déjà devenues des personnages de fiction récurrents, que ce soit les grands sauropodes (très tôt exposés dans les musées et utilisés par les cinéastes) ou le tyrannosaure (par exemple dans le King Kong de 1933).

L’idée de tenter de recréer des dinosaures en utilisant de l’ADN fossile est nécessairement plus récente, puisque le rôle de l’ADN ne commence à être cerné que dans les années 1940 et que c’est seulement dans les années 1970 qu’on commence à concevoir la possibilité de le décoder et de le manipuler. Mais là encore, Crichton n’est pas le premier : on trouve déjà cette idée dans au moins un texte de science-fiction, Notre-Dame des sauropodes (Our Lady of the Sauropods), une nouvelle de Robert Silverberg parue dans le magazine Omni en septembre 1980 (1). Dans cette nouvelle, une scientifique du futur se retrouve naufragée sur un monde artificiel, Dino Island, où son équipe de recherche a recréé plusieurs espèces de dinosaures en combinant l’emploi d’ADN fossile et le recours à la synthèse par ordinateur. L’histoire diffère toutefois notablement de celle du roman de Crichton.

Entre vulgarisation et effets de réel : l’art de la tragédie scientifique

Lorsqu’il publie Jurassic Park, Michael Crichton n’en est ni à son premier roman, ni à sa première fiction solidement documentée. Originaire de Chicago, né en 1942, Crichton commence à publier des polars sous pseudonyme en 1966 pour payer ses études de médecine à Harvard ; son premier roman publié sous son vrai nom, La Variété Andromède, paraît en 1969 et devient un best-seller, le premier d’une longue série qui lui permet de se consacrer à l’écriture mais aussi en partie au cinéma et à la télévision (il est notamment le créateur de la série Urgence en 1994). Remarquons que Crichton a déjà exploré le thème d’un parc d’attraction bardé de haute technologie qui se détraque dans un téléfilm qu’il réalise en 1973, Mondwest, où des cow-boys et des Indiens robotisés s’en prennent aux visiteurs. Le titre original du téléfilm, Westworld, parlera davantage aux gens aujourd’hui puisque le principe de ce téléfilm a été repris par la chaîne de télévision américaine HBO en 2013 sous la forme de la série télévisée Westworld, nettement après la mort de Crichton (qui est mort en 2008).

Crichton manifeste très tôt un intérêt évident pour les nouvelles technologies et pour la façon dont elles ne débouchent jamais sur les résultats prévus (son tout premier roman, Odds On, imagine une tentative de vol planifiée par informatique à l’aide d’un outil statistique supposé tout prévoir). Ces deux éléments se retrouvent par la suite dans toute une partie de ses romans, qui relèvent d’une forme de « tragédie scientifique » : Crichton s’empare d’une technologie récente, se documente à fond à son sujet, puis en extrapole les avancées futures pour mieux en montrer les dangers.

On connaît l’intrigue générale du roman : un milliardaire américain, John Hammond, à la tête d’une société de génie génétique, a réussi à recréer une quinzaine d’espèces de dinosaures sur une petite île au large du Costa Rica, et il s’apprête à les dévoiler au public dans un onéreux parc d’attraction, Jurassic Park (le « Parc jurassique »). Mais devant les multiples retards et incidents qui ponctuent la construction du parc, les investisseurs contraignent Hammond à inviter un groupe d’experts pour évaluer la sûreté du parc : deux paléontologues, Alan Grant et Ellie Sattler, et le mathématicien Ian Malcolm, auxquels se joignent les petits-enfants de Hammond.

Dans l’intervalle, l’un des principaux informaticiens du parc, Dennis Nedry, est corrompu par un espion industriel qui cherche à dérober des embryons de dinosaures. Pour pouvoir commettre son vol et s’esquiver sans problème, Nedry neutralise tous les systèmes de sécurité du parc, y compris les clôtures électrifiées qui retiennent les dinosaures dans leurs enclos, le tout au moment où les visiteurs sont au beau milieu du circuit. Dès lors, la question n’est plus de savoir si le parc pourra ouvrir mais si quelqu’un survivra au week-end.

La grande qualité de Crichton est sans aucun doute la virtuosité avec laquelle il insère et exploite dans le cours de sa fiction la masse de documentation scientifique qu’il a consultée pour l’occasion. On trouve régulièrement de courtes synthèses portant aussi bien sur la génétique et la paléontologie que les mathématiques ou l’informatique, le tout exposé avec une clarté qu’un enseignant pourrait envier. Ce n’est jamais bien long, mais cela fournit autant d’accroches qui éveillent l’intérêt et la curiosité des lecteurs. On n’exagère pas en disant que le roman donne envie de s’instruire, ce qui n’est pas rien étant donné les domaines ardus qu’il aborde.

Mais l’autre fonction de ces vrais morceaux de science, et même leur fonction principale, est de renforcer la vraisemblance de l’intrigue et de rendre invisible la couture entre les synthèses de connaissances réelles et les extrapolations de l’auteur. Crichton use (ou abuse, selon les avis) des langages techniques, mais aussi du procédé consistant à insérer des documents techniques dans le texte : les chapitres sont rythmés par des diagrammes mathématiques, des copies d’écrans et des morceaux de code informatique, sans oublier les multiples références extrêmement précises à des noms de modèles de superordinateurs, à des substances chimiques, etc. Crichton va jusqu’à inventer des abréviations familières des noms des dinosaures pour rendre plus crédible le jargon courant des employés du parc (les vélociraptors surnommés « raptors », c’est lui). La lecture est d’autant plus prenante et glaçante que ces multiples effets de réel vous persuadent d’avoir affaire à un enchaînement d’événements logique et implacable à partir des découvertes réelles.

Bien entendu, on sent qu’il y a un truc, même sans tout maîtriser. Dans l’application de la théorie du chaos au contrôle d’un parc d’attraction, par exemple, qui a arraché des rires ou des mines gênées à mes amis mathématiciens et semble quelque peu forcée. Dans les capacités prêtées au génie génétique, ensuite : comme Crichton le reconnaissait volontiers, les vestiges réels d’ADN fossile sont bien trop maigres pour permettre de reconstituer des génomes entiers de dinosaures. Le roman laisse d’ailleurs dans un certain flou artistique le détail des manipulations effectuées par le généticien Henry Wu, directeur du programme génétique d’InGen.

Cependant, il est bien dit que les créatures du Parc jurassique ne sont pas identiques aux véritables dinosaures : ce sont des reconstitutions hasardeuses qui ne ressemblent à rien de connu… en d’autres termes, des monstres. En cela, Jurassic Park a davantage de parenté avec L’Île du docteur Moreau d’H. G. Wells ou Frankenstein de Mary Shelley qu’avec Le Monde perdu de Conan Doyle. Et de fait, le propos principal de l’histoire est au fond moins d’imaginer la collision entre deux époques (même si le roman est constamment tenté par cette piste, surtout vers la fin) que d’inviter à une réflexion philosophique et politique sur le rôle des sciences et sur leurs dérives dans une société ultralibérale. « Vous ne savez pas exactement ce que vous avez fait, mais vous l’avez déjà publié, breveté et vendu », reproche Malcolm à Hammond.

Lequel Hammond apparaît comme un personnage assez sombre, beaucoup plus que dans le film de Spielberg. Car Crichton s’attaque aussi aux dérives des grandes entreprises en général : manœuvres pour contourner la loi, exil fiscal, gestion inhumaine d’un personnel réduit au minimum au profit d’une automatisation excessive, décisions absurdes, etc. Quant à Dennis Nedry, il se venge après des années de travail sous-payé et de pressions abusives de sa hiérarchie.

Le livre ne sombre pas pour autant dans le manichéisme ou le roman à thèse. Il n’y a pas de héros unique, mais un groupe de personnes très diverses essayant de survivre ; pas de « méchant » sans nuance ni de personnage qui incarnerait le Bien. La voix de l’auteur résonne davantage dans les tirades de Ian Malcolm, mais Malcolm lui-même a ses outrances, puisqu’il apparaît comme un croisement entre une médaille Fields à la mode et une Cassandre dépendante à la morphine.

Ces multiples invitations à la réflexion ne prennent jamais le dessus sur le récit proprement dit : elles sont placées de manière à alimenter la tension dramatique. Les contraintes du genre sont impeccablement respectées : si les dinosaures n’apparaissent que progressivement, l’action s’accélère au fil des pages et ménage des confrontations variées avec de multiples espèces. Les défauts du roman résident ailleurs. Dans le traitement inégal des personnages, décevant dans le cas des personnages féminins (notamment Ellie Sattler, plus convaincante dans le film). Et aussi dans son style. Les descriptions des dinosaures restent allusives, trop peut-être pour qui n’y connaît vraiment rien (d’autant qu’il n’y avait pas Wikipédia à l’époque). Et pratiquement tous les (nombreux) dialogues sont introduit par « (Untel) said », monotonie que Patrick Berthon a pris le parti de briser dans sa traduction.

Les raptors en héritage

Ce roman vieillira-t-il bien ? Si la génétique n’a pas encore progressé autant que dans Jurassic Park, les progrès de l’informatique et de la téléphonie nous éloignent déjà de ce monde où un fichier de 20 gigaoctets est un prodige impressionnant et où l’on s’extasie devant un écran tactile. L’ensemble ne manque pas d’un charme suranné qui l’inscrit dans l’histoire de l’imaginaire geek.

Les connaissances scientifiques sur les dinosaures employées par Crichton sont encore valides dans l’ensemble, d’autant qu’il est bien tombé en mettant l’accent sur la proximité entre certains dinosaures et les oiseaux. Hélas, l’un des principaux personnages du roman, le vélociraptor, a nettement changé d’apparence depuis 1990 : on sait depuis 2007 qu’il portait des plumes et ressemblait plus à un poulet géant éventreur qu’au saurien écailleux décrit par Crichton. Mais est-ce si grave ? Le roman exagérait déjà un peu la taille de Velociraptor mongoliensis (qui mesurait 1,20 m de haut, bien moins qu’un humain), mais aussi et surtout son intelligence, pour en faire une nouvelle figure du superprédateur. Quelles que soient les transformations que subira Velociraptor dans les fictions à venir, je suis certain qu’auteurs, lecteurs et spectateurs résisteront difficilement au plaisir de mettre encore en scène ce personnage créé par Crichton et qui a peuplé les cauchemars de nombreux enfants (et adultes ?) depuis vingt ans.

 (1) On peut la trouver en français dans l’anthologie de Jacques Sadoul, Univers 1981 (J’ai lu, 1981), ou dans celle de Serge Lehman, Les Dinosaures (Librio, 1999).

J’ai d’abord publié cet article dans la revue étudiante Disharmonies n°40 en juin 2013 puis je l’ai repris et modifié pour publication ici en décembre 2017.


[Beau livre] « Dinotopia », de James Gurney

16 août 2012

Dinotopia est une série de livres illustrés pour la jeunesse créée par l’auteur et peintre américain James Gurney. Le premier tome est paru en 1992, suivi de trois autres albums illustrés. L’univers s’est ensuite développé sous la forme d’une série de romans pour la jeunesse co-écrits par Gurney et divers auteurs. Sous nos latitudes, tous les livres n’ont pas été traduits, mais la mini-série adaptée des livres a été diffusée plusieurs fois (typiquement sur M6). Autant l’adaptation télévisée ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, autant j’ai découvert avec beaucoup de plaisir les livres illustrés de Gurney, pleins à craquer d’illustrations, dessins et peintures magnifiques.

Je n’ai lu pour le moment que le premier livre en date : Dinotopia: A Land Apart from Time, traduit en français sous le titre Dinotopia, l’île aux dinosaures, mais je l’ai lu en VO. C’est un bel album en couleur de format carré (quelque chose comme 25-30 cm de côté) comptant 182 pages.

L’histoire : au XIXe siècle, un biologiste, Arthur Denison, et son fils, Will, font naufrage et s’échouent sur les rives d’une île inconnue. Ils y découvrent peu à peu une civilisation où des dinosaures, éteints depuis des millions d’années dans le reste du monde, vivent en harmonie avec les humains. Naturellement, ce nouveau monde regorge de mystères, en lien avec ses origines et avec les nombreux naufragés qui s’y sont échoués au fil de l’Histoire.

Le livre présente le journal de voyage d’Arthur Denison, et comprend de nombreuses illustrations, tantôt des dessins légendés présentant tel ou tel détail (architecture, techniques, coutumes, détails de la vie quotidienne), tantôt des peintures montrant les endroits visités par Arthur et Will.

Le résultat est un somptueux album conçu pour la jeunesse, mais que tout le monde pourra admirer et lire avec profit : j’aurais tendance à le ranger dans la même catégorie que les Grandes encyclopédies de Pierre Dubois, si vous connaissez, à cette différence qu’il ne s’agit pas d’une somme sur le folklore mais d’une création originale.

La principale qualité de ce livre (et des suivants) est la beauté des peintures et des dessins, qui sont bien davantage que de simples illustrations : textes et images se complètent mutuellement pour donner à voir et à imaginer Dinotopia. On ne peut qu’être impressionné par le travail énorme accompli par Gurney pour créer un pareil univers, à la fois réaliste et merveilleux, fourmillant de détails. Le style des peintures, très détaillé et réaliste, est une sorte de mariage improbable entre les illustrations de reconstitution du temps des dinosaures et une peinture romantique du XIXe siècle, avec un côté préraphaélite de temps à autre. Il y a aussi visiblement un gros travail de documentation derrière les costumes, les architectures et les techniques : l’univers visuel de Dinotopia est un mélange improbable d’emprunts à de multiples cultures, mais l’ensemble produit un style cohérent, exotique et familier à la fois… idem pour les nombreux détails des transports et des technologies diverses. C’est un travail d’imagination méthodique et minutieux, un tour de force de création d’univers à ranger dans la même catégorie que les grands bâtisseurs de mondes que sont, en littérature, Tolkien, Herbert et les autres, ou, sous nos latitudes, Gaborit, par exemple, mais aussi, dans l’illustration, quelqu’un comme le peintre japonais Inoue avec le monde d’Iblard. Cela fait aussi penser aux créations originales et foisonnantes des univers de jeux de rôles.

Peut-on trouver un reproche à cette démarche ? Pas vraiment, plutôt simplement des limites, celles de toute entreprise de description détaillée et systématique d’un univers : il y a un côté très léché, très fini, qui force l’admiration mais ne se prête pas toujours à une rêverie libre de la part du lecteur. Les choses sont comme l’auteur les a faites, point barre. C’est à la fois la qualité et le défaut des fictions autonomes, par distinction avec la poésie qui laisse l’imagination plus libre, ou les univers de jeux qui peuvent intégrer une participation créative du lecteur (surtout les jeux de rôle papier). Mais c’est une limite qui ne se découvre en général qu’avec l’accumulation des tomes, des séries dérivées, des précisions infinies sur l’univers et sa chronologie. Dans ce premier livre de Dinotopia, on lève à peine le voile sur les mystères de l’île, et vous avez toute liberté d’imaginer toutes sortes de choses vous-même sur ses origines et ce qui n’en est pas directement montré.

 Le texte lui-même est un récit à la première personne où alternent les voix d’Arthur Denison et de son fils. Sans se distinguer par une originalité de style épatante, ce qui n’est pas son but puisqu’il pastiche plus ou moins l’écriture d’un savant du XIXe siècle, il sert bien la plongée progressive dans la société utopique de l’île, et laisse deviner le changement de mentalité qui s’opère chez les deux voyageurs à mesure qu’ils se familiarisent avec le mode de pensée des Dinotopiens.

J’ai parlé d’utopie, car Dinotopia en est vraiment une, et c’est un autre aspect qui peut rendre cet univers intéressant à des yeux d’adultes (en plus de sa puissance imaginative pure) : c’est un plaidoyer vibrant en faveur de la vie et de la compréhension mutuelle entre peuples et espèces, car le problème de la difficulté à faire s’entendre des êtres aussi différents que les humains et les dinosaures n’est pas esquivé. Toute une morale proprement dinotopienne se dégage des traditions, institutions et pratiques que découvrent peu à peu les Denison. Les esprits chagrins pourront trouver le résultat consensuel et bien-pensant ; pour ma part, je garde un faible irrésistible envers ces univers où tout n’est pas noir ou désespéré, et qui s’efforcent sincèrement de penser à la façon dont on pourrait s’y prendre pour que les choses se passent bien. Si on ne prend même plus la peine d’espérer en la possibilité d’un monde meilleur, je ne vois pas trop ce qu’il reste à faire dans la vie (bouder ?).

« Dinosaur Boulevard » est l’une des illustrations en double page de Dinotopia: A Land Apart from Time.

Comme beaucoup d’enfants dans les années 1990 (et sûrement encore aujourd’hui), j’étais passionné de dinosaures quand j’étais petit, et je crois que j’aurais adoré découvrir cette série plus tôt ! Je la recommande volontiers à tous les enfants, filles comme garçons, qui s’intéressent aux voyages et aux dinosaures… et elle peut aussi intéresser des adultes, pour les raisons que j’ai données plus haut. Ce qui m’étonne, c’est de voir que tous les tomes ne sont même pas traduits en français, mais il y en a au moins deux de disponibles : le premier, dont je parle ici, et Un Voyage à Chandara (mise à jour le 3 décembre 2017 : Un Voyage à Chandara a été traduit en 2008 chez Fleurus mais il est actuellement épuisé). Attention, si vous vous attachez aux aventures des Denison, sachez que le premier livre se termine, non pas sur un suspense haletant, mais sur l’allusion à des aventures racontées dans les livres suivants… or le deuxième tome, Dinotopia: The World Beneath, n’a pas encore été traduit en français. À lire en anglais, donc, ou alors il faudra sauter directement à Un Voyage à Chandara.

J’ajoute que si vous vous intéressez au dessin réaliste, particulièrement pour dépeindre des mondes imaginaires, Gurney est un excellent exemple. Outre ses livres sur Dinotopia, il a écrit plusieurs ouvrages de méthode de dessin et de peinture qui peuvent intéresser les illustrateurs, peintres ou dessinateurs en herbe. L’édition de Dinotopia: A Land Apart from Time que j’ai trouvée est une réédition, la 20th anniversary edition, et contient plusieurs doubles pages denses de texte et de croquis retraçant en détail la conception de l’album, ce qui ne manque pas d’être intéressant. On ne peut qu’être impressionné par la masse de travail qui se trouve derrière, et baver devant les maquettes de dinosaures et de bâtiments que Gurney bricole régulièrement lui-même pour lui servir de modèles dans ses grandes compositions. (Le monde des maquettes et des jeux de figurines n’est pas si loin, celui des décors de film non plus.)

Le site Internet de Dinotopia (en anglais) vous donnera une meilleure idée de l’univers visuel, et contient toutes sortes d’informations sur le cycle. Pour plus d’informations sur le travail de James Gurney en général, vous pouvez aller sur son site personnel et consulter son blog (toujours en anglais).

« Garden of Hope », illustration extraite de l’album The World Beneath.

Message initialement posté sur le forum du Coin des lecteurs en juin 2012, remanié et étoffé ensuite.