Alan Hollinghurst, « The Line of Beauty »

30 avril 2018

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Référence : Alan Hollinghurst, The Line of Beauty, Picador, 2004.

Quatrième de couverture

Nick Guest, fils d’un petit antiquaire de province et brillant boursier d’Oxford, s’installe à Londres pour mener à bien sa thèse de littérature. Il loue une chambre dans l’hôtel particulier des parents de son ami Toby Fedden, et entre dans l’intimité de la famille : Gerald, le père, un ambitieux député tory, Rachel, la mère, soeur d’un baron fortuné, et Catherine, leur fille maniaco-dépressive. Nick devient le spectateur fasciné d’une société où les héritiers des grandes familles, les ladies désoeuvrées et les conservateurs règnent en maîtres. La Ligne de beauté est une fresque flamboyante du Londres des années Thatcher, quand ascension sociale rimait avec hédonisme et égoïsme. Ce roman a obtenu en 2004 le Man Booker Prize, le prix littéraire le plus prestigieux du Royaume-Uni.

Mon avis

La Ligne de beauté est l’histoire d’un jeune homosexuel dans le placard qui, à la suite d’une amitié à Oxford, se retrouve à loger plusieurs années chez une famille riche dominée par un politicien ambitieux, dans le Royaume-Uni des années Thatcher entre 1983 et 1987. Il vit là sa première liaison, avec un homme noir d’origine modeste, Léo. Par la suite, c’est une seconde liaison, avec un homme très riche, qui le propulse définitivement dans un univers de luxe. Mais Nick s’intègre-t-il réellement, ou n’est-il qu’un éternel « guest », un invité, comme son nom l’indique ?

La Ligne de beauté est un très bon roman, en particulier pour son propos principal, à savoir tout ce qui est la peinture d’un milieu social repoussant et implacable vu par les yeux d’un personnage qui lui est étranger mais qui ne peut s’empêcher d’en être fasciné.

Ce personnage, Nick Guest, est à la fois creux et très fouillé : de l’extérieur, il semble discret, effacé, voire servile, au sein de cette famille qui l’accepte tout en le traitant un peu comme l’homme serviable bon à tout faire. Mais la narration à la troisième personne adopte constamment le point de vue de Nick, ce qui nous donne accès à ses impressions, mélange de lucidité aiguë envers les travers des gens qu’il fréquente et de fascination envers les richesses qu’ils brassent.

En réalité, comme l’indique le titre du roman (et comme cela apparaît assez vite), Nick est « un esthète ». Passionné de littérature, mais aussi d’art en général, il est surtout attiré par la beauté, celle des hommes, mais aussi celle des maisons, de l’ameublement, des oeuvres d’art, et de la nature. Une nature où il a vite fait de s’absorber en de douces rêveries…
Mais son séjour prolongé chez les Fedden ne le met pas à l’abri des pires réalités du milieu : le libéralisme galopant, mais aussi la violence des riches sous toutes ses formes, des plus subtiles aux plus brutales, du mépris de classe à ce que personne n’appelle encore l’homophobie. Quelle que soit leur degré de richesse, Nick et les hommes qu’il fréquente vivent une vie de secrets. Sans compter qu’à mesure que les années 1980 avancent, une autre menace vient s’ajouter aux autres : le sida.

L’auteur dit avoir été largement influencé par Henry James. Je ne connais pas assez cet auteur classique pour préciser le rapprochement, mais le résultat est un regard acéré, presque chirurgical, sur le milieu social en question.

Ma seule réserve porte sur l’aspect quelque peu étouffant du livre, au sens où la majorité des personnages sont vains, cupides, égoïstes voire incultes… et leur pouvoir est énorme, même une fois que leurs masques de dignité assez fins commencent à tomber. Qu’on me lise bien : Hollinghurst fait tout sauf des caricatures. Sa façon de mettre en scène ses personnages est aussi précise et réaliste qu’implacable… mais le résultat est encore plus oppressant, car tout est terriblement vraisemblable.

Notez que le livre a fait l’objet d’une adaptation en téléfilm pour la BBC en 2006.

J’ai d’abord posté cet avis sur le forum Le Coin des lecteurs en décembre 2015 avant de le republier ici.

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Brice Tarvel, « Pierre-Fendre »

26 novembre 2017

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Référence : Brice Tarvel, Pierre-Fendre, Montélimar, Les Moutons électriques, 2017.

Quatrième de couverture

« Un immense château…

On n’y entre pas plus qu’on n’en sort. On y naît, on y vit, puis on y meurt. Un monde clos de murailles infranchissables, chapeauté d’un éteignoir de grisaille. Certains ont l’illusion d’un nid somme toute douillet, d’autres ragent d’habiter une prison. Dulvan et son ami Garicorne appartiennent à ces derniers. Sans savoir ce qu’est vraiment le Grand Dehors, ils aspirent à en percer les mystères et rêvent d’une existence tout autre. Mais, pour ce faire, il convient de faire tomber l’enceinte géante, c’est-à-dire se rendre dans la salle-territoire de l’éternel hiver afin d’arracher la Sommeilleuse à ses songes. Comme le racontent les vieux récits, l’énigmatique endormie est-elle cependant bien une déesse dont les errances oniriques ont fait que le château et tout son contenu soient devenus réalité ?

Parce qu’elle ne peut supporter l’idée de perdre son frère, Aurjance quittera son cher royaume du printemps pour se lancer à la poursuite du jeune homme. Quant à Murgoche, la peu recommandable sorcière, elle n’entendra pas se laisser flouer par deux foutriquets. »

Mon avis

Je n’ai pas terminé ce roman, que j’ai abandonné après environ un tiers. Je voudrais tout de même en parler afin d’expliquer en quoi il m’a paru intéressant et pourquoi ses défauts ont fini par trop me lasser pour que j’achève sa lecture.

Le synopsis, avec son univers prenant la forme d’un château composé de salles-saisons, ne m’avait pas paru si original que ça… mais j’avais été intrigué par la promesse d’atmosphère que formaient la couverture et la première page. Je m’imaginais sans doute à tort quelque chose de mystérieux et de subtil, entre Julien Gracq et Dark Crystal… Je me suis retrouvé dans une sorte de version de La Quête de l’Oiseau du Temps qui aurait été réécrite par un fan d’Arleston persuadé d’être la réincarnation d’Audiard après une soirée passée à fumer un dictionnaire Robert.

Commençons par les points positifs. D’abord, disons que l’univers contient des idées intéressantes. Ce château immense, ses salles-saisons, sa faune, sa flore, etc. ont effectivement quelque chose de grandiose et de mystérieux, qui a pu me faire penser un instant à des univers de fantasy un peu vintage du type Quête de l’oiseau du Temps.

Ensuite, deux des personnages principaux sont deux hommes homosexuels, dont les personnalités ne se résument pas à ça et qui, bonheur, ne sont pas des caricatures façon La Cage aux folles ambulantes. C’est original, pas si fréquent (surtout des personnages homosexuels masculins), c’est rafraîchissant, ça ménage des moments bienvenus et mignons.

Enfin, il y a une vraie tentative de recherche sur le style, c’est indéniable. Elle a au moins le mérite d’exister : beaucoup de romans de fantasy ne peuvent pas se targuer d’en faire autant sur ce plan-là.

Qu’est-ce qui m’a posé problème, alors ? Plusieurs choses.

D’abord, le style. Il accumule les archaïsmes et les néologismes pour conférer à sa langue un tour médiévalisant ou alter-médiéval (je suppose). En soi, pourquoi pas ? Le problème, c’est que je trouve qu’on tombe dans des afféteries et des préciosités qui sentent beaucoup l’huile de lampe et qui rendent la lecture difficile de façon très artificielle. Si tout ce vocabulaire compliqué résultait d’une documentation longue et attentive sur les états anciens de la langue, comme c’est le cas chez Jaworski, ou d’un cocktail d’expressions proverbiales ou familières ou grossières, comme c’est le cas dans Wastburg de Cédric Ferrand, j’aurais eu l’impression que mes efforts de compréhension servaient à quelque chose. Mais là, le résultat ne m’a pas convaincu du tout. A la énième occurrence de « la dextre » pour dire simplement « la main droite », j’ai regretté de ne pas lire parfois juste « main droite ». A force de lire « encouenné » tout le temps, j’ai regretté « gras », « gros » et quelques autres mots plus limpides. Limpides comme de l’eau qu’on pourrait boire, au lieu de lire partout « licher ».

Je me suis surpris moi-même de me lasser d’un tel style, car j’adore d’habitude les inventions lexicales et le lexique académique, voire archaïsant. Mais il y a ici un gros problème de dosage. J’ai eu l’impression que le texte en faisait trop, qu’il brûlait ses cartouches toutes en même temps et faisait tout péter au lieu du feu d’artifice d’invention langagière qu’il se proposait de faire fleurir. Il y a tellement de mots qui s’écartent de ce à quoi on s’attend et qui nécessitent un effort de compréhension particulier que le texte perd en fluidité en permanence, alors qu’il aurait été facile de régler la dose à un degré quelque peu inférieur afin de ménager les effets plutôt que d’obtenir un effet bouchon.

Pire : comme beaucoup de ces mots recherchent visiblement un effet esthétique en essayant d’imiter une sorte de gouaille médiévale à mi-chemin entre du Kaamelott et du Audiard, j’avais le sentiment que le texte s’écoutait parler constamment et attendait avec avidité des applaudissements ou des exclamations admiratives à chaque nouveau vocable aussi inopiné qu’ostensible. Sauf que ce qui passe à petite dose dans des dialogues m’a paru insupportable dans des pages de prose à l’échelle d’un long roman.

Je sais bien que Du Bellay, dans sa Défense et illustration de la langue française, encourageait les jeunes Poëtes à utiliser des mots rares ou des néologismes, à l’exemple des poètes antiques, mais il ne termine pas son chapitre sans nuancer ce conseil par la recommandation d’un « modéré usage de tels vocables ». Une modération qui a fait défaut à Pierre-Fendre, où l’auteur a voulu faire baigner son lectorat dans une langue propre au roman et, à mon sens, a produit un pâté plutôt qu’un bon patois.

Le recours  à une langue aussi recherchée et travaillée laisserait attendre une grande érudition ou du moins un soin méticuleux dans l’emploi des mots. Or le bât blesse sur ce plan aussi. Des solécismes et des impropriétés accrochent la lecture par ci par là, qui auraient pu être éliminées avec un travail éditorial plus rigoureux. Cela donne l’impression d’un auteur qui a fait le travail à moitié, en pillant les dictionnaires sans méthode tout en oubliant de corriger ses erreurs sur des tournures de phrases plus basiques, et qui n’a pas bénéficié d’un travail suffisant sur le manuscrit avec son éditeur. Avant d’aller chercher des vocables rares ou d’inventer des mots à tour de bras, cela aurait été une bonne idée de consulter un Bescherelle ou un Grévisse afin de s’assurer d’employer correctement les mots et expressions qui existent déjà.

Je ne peux pas non plus me défaire de l’idée que l’éditeur essaie là de pousser un genre qu’il a mis en avant avec Gagner la guerre de Jaworski puis avec Wastburg de Ferrand : la « crapule fantasy » (expression employée par l’éditeur à propos de Wastburg) où des univers de brutes sont décrits dans une langue familière ou argotique, une sorte de vulgarité savante qui a son originalité à la première tentative, mais commence à ressembler à une recette à la troisième, surtout quand la démarche n’est pas assez soignée.

Certes, ces trois romans sont tout sauf identiques dans leurs univers comme dans leurs partis pris stylistiques (Jaworski se réclame d’une belle prose classique et très documentée, où même l’argot doit probablement plus à Victor Hugo et à Vidocq qu’aux paysans des tavernes d’Ancien Régime ; Cédric Ferrand, de son côté, a travaillé la langue orale et proverbiale pour tenter de faire entendre la voix des classes populaires de son univers) et Pierre-Fendre tente d’innover sur le plan de la langue en inventant une sorte d’ancien français d’un autre monde. Mais l’amour de la recherche littéraire revendiquée par l’éditeur (et à laquelle je ne peux qu’applaudir) ne doit pas aboutir à un étalage facile et pédant de mots rares (défaut dans lequel Jaworski tombe à certaines pages de Même pas mort) qui menace depuis quelques livres de s’ériger en système.

J’ai parlé d’un « long roman ». Pierre-Fendre n’est pas si long que ça comparé à d’autres pavés de fantasy, mais il m’a semblé qu’il y avait un problème de rythme dans son intrigue. Là encore, cela m’a surpris, car je n’ai rien d’habitude contre les romans dont l’histoire prend son temps, sans tenter de scotcher artificiellement les lecteurs par une action frénétique et des retournements de situation à chaque page. Mais l’intrigue de Pierre-Fendre s’oblige assez tôt à suivre en parallèle trois groupes de personnages passant par les mêmes endroits, ce qui ralentit fortement la progression du voyage. Sans les pesanteurs du style, cela m’aurait peut-être moins gêné, mais quand la lecture de chaque grande double page en moyen format est devenue aussi laborieuse que l’avancée des voyageurs dans le désert de la salle de l’été, j’ai commencé à envisager de jeter l’éponge.

J’aurais peut-être pu supporter ces problèmes de style et de construction si ne s’y était pas ajouté un autre problème, de fond celui-ci : cet univers baigne dans la crasse et la vulgarité, avec un humour vaguement gaulois, voire scatologique, qui n’est clairement pas ma tasse de thé. Qu’on parle de sexe ou de saleté, pourquoi pas, mais avec cette vulgarité systématique, ça me fatigue. Et, pour le coup, ça me paraît une tentative d’humour ou d’esprit assez vieillot. C’est surtout gratuit, presque à chaque paragraphe, et là encore avec une accumulation telle que l’éventuel effet comique recherché par l’auteur s’émousse vite.

Enfin, autant l’évocation de l’homosexualité masculine me laissait espérer un roman progressiste, autant le traitement des personnages m’a déçu. Les personnages féminins donnent pratiquement toujours lieu à des remarques sur leurs formes girondes ou à des allusions supposées paillardes. Les personnages masculins, en dehors des deux héros, semblent coincés dans une virilité hors d’âge, notamment les géants forgerons chez qui nos deux fugueurs échouent peu après leur départ.

Je m’étais sans doute trop imaginé ce roman avant de le commencer, mais il aurait pu me plaire sans l’accumulation de ces problèmes. Je suppose qu’il pourra tout de même trouver des lecteurs et je suivrai les prochaines tentatives de l’auteur, mais en espérant que des critiques superficielles ne l’encouragent pas dans ses travers sans l’aider à développer ses qualités.

J’ai posté d’abord cette critique sur le forum « Le Coin des lecteurs » le 14 novembre 2017 avant de la retravailler pour publication ici.


Roger Peyrefitte, « Les Amitiés particulières »

22 avril 2013

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Référence : Roger Peyrefitte, Les Amitiés particulières, Marseille, Jean Vigneau, 1943 (lu dans une réédition chez J’ai lu imprimée en 1972).

« Veillez sur vos amitiés, qui peuvent être l’ennemi. Qu’elles ne soient jamais de ces amitiés particulières, qui cultivent uniquement la sensibilité ; car, ainsi que l’a dit Bourdaloue, la sensibilité se change aisément en sensualité. Qu’elles soient des amitiés publiques et des amitiés de l’âme. »

Ces mots font partie du sermon du prédicateur que Georges de Sarre, élève modèle issu d’une famille noble, entend le deuxième jour de sa rentrée en classe de troisième au pensionnat catholique de Saint-Claude, où il vient d’être placé. L’intrigue se passe quelque part au début du xxe siècle. Dans ce pensionnat de garçons, l’éducation classique, où la version et le thème latins côtoient la composition française et les devoirs d’histoire, est aussi une éducation religieuse. Les élèves vivent au rythme des messes et des retraites, et leurs professeurs sont aussi des prêtres auxquels ils se confessent, car il s’agit non pas seulement d’instruire leurs esprits, mais d’assurer le salut de leurs âmes.

Dans cet univers clos, rigide et sévère, Georges découvre peu à peu l’envers du décor. Dès le premier jour, il a remarqué un de ses voisins, Lucien Rouvère, qui lui semble sympathique ; mais Lucien a déjà un ami proche, André Ferron, et leur amitié semble une de celles que le prédicateur réprouve. Georges la réprouve aussi, sans pouvoir s’empêcher d’être attiré par Lucien et jaloux d’André. Lorsqu’il rencontre un élève de cinquième, Alexandre Motier, d’une grande beauté, c’est à son tour de se trouver engagé dans une de ces amitiés interdites. Mais à quel moment une amitié devient-elle « particulière » ? À partir de quel point l’amour, exalté partout dans les textes que Georges et ses camarades étudient, dans les messes qu’ils fréquentent, dans les hagiographies sur lesquelles ils méditent, cesse-t-il d’être pur pour devenir impur ? Et à quoi se fier lorsque le père de Trennes, un de ces maîtres qu’on a dit à Georges être « des savants et des saints », s’intéresse d’un peu trop près à Lucien et à Georges pour être vraiment pur lui-même ? Dans ce jeu de chats et de souris entre maîtres et élèves, c’est l’exclusion de l’établissement qui signe la défaite.

L’une des qualités de ce roman réside à mes yeux dans sa capacité à rendre avec richesse et vraisemblance les sentiments et les idées d’un jeune garçon tel que Georges, nourri à la fois de lettres classiques et d’instruction religieuse, qui mobilise constamment ces références pour s’orienter et se défendre dans le milieu oppressant où il se trouve enfermé. À la dimension religieuse près, Georges pourrait être un élève de khâgne dont les réflexions quotidiennes, y compris sentimentales, se nourrissent de la culture qu’il est en train d’assimiler. C’est avec ce matériau que Georges étudie, qu’il joue, qu’il plaisante, qu’il raisonne pour croiser le fer avec ses amis et ses maîtres… et avec ce matériau qu’il fait face à ses sentiments, tente de s’en déprendre, puis de les défendre. Pétri d’érudition et de grandes idées, il n’en reste pas moins un garçon à qui l’on veut imposer d’être un adulte en miniature, au risque d’en faire un petit sophiste, dans un milieu où il trouve surtout, en fait de perfection, l’hypocrisie et la duplicité.

Dans cette valse des masques, les sentiments de Georges sont au fond la seule vérité qui tienne. Les lecteurs d’aujourd’hui auront tout de suite pensé à l’homosexualité. Le mot convient, si l’on ne se focalise pas bêtement sur son suffixe : l’univers de Georges est sentimental, amoureux sans toujours le savoir, sensuel sans se l’avouer. C’est dans cette complexité que réside l’autre grande qualité du roman.

J’ajoute qu’un film a été tiré du roman en 1964. Je ne l’ai pas vu en entier, mais l’écart d’âge entre Georges et Alexandre y est nettement plus grand que dans le livre.

Cette critique a été publiée pour la première fois dans la revue Disharmonies n°32 en juin 2012 (en ligne en pdf).