[BD] « Literary Life. Scènes de la vie littéraire », de Posy Simmonds

6 août 2018

Simmonds-LiteraryLife

Référence : Posy Simmonds (texte et dessin), Literary Life. Scènes de la vie littéraire, traduit en français chez Denoël Graphics, 2014. (première édition : 2003.)

Cet album se compose d’une série de strips comiques d’une page sur les milieux littéraires publiés à l’origine chaque semaine par une chroniqueuse du Guardian (le journal britannique).
Toutes les facettes des milieux littéraires sont représentées : les écrivains dans leur lutte quotidienne pour écrire et publier, les débutants qui peinent sur leur premier roman ou croupissent dans un rayon à attendre le client dans une soirée dédicaces, les agents littéraires qui essaient de placer leurs poulains, les auteurs en vogue qui bombent le torse dans les soirées riches en petits fours, les libraires de quartier confrontés à la concurrence des « grandes surfaces culturelles »…

On y croise aussi des personnages récurrents dont les têtes reprennent des stéréotypes des vieux comics : le Dr Derek et son infirmière Tozer, qui soignent les écrivains quand ils se font tabasser par un critique ou sont atteints de plagiarisme ; ou bien Rick Raker, le détective privé, engagé par les auteurs pour retrouver un de leurs livres disparu dans un silence général à sa publication, ou pour démolir un concurrent…

L’ensemble est très drôle et et très grinçant, avec un dessin en ligne claire extrêmement doué pour croquer des visages, des postures et des expressions. Beaucoup de détails ont l’air pris sur le vif. Quand je l’ai découvert, je pensais en lire trois ou quatre pages et je me suis retrouvé à en dévorer une bonne moitié.
Le seul reproche que je ferai à cette BD est d’être, à force, trop grinçante. Les gens sont le plus souvent représentés dans des situations déprimantes, frustrés, jaloux, vaniteux, etc. Les problèmes représentés sont tout à fait réalistes, mais l’ensemble des planches, mis à la suite sous forme d’album, donne une image terriblement pessimiste des milieux littéraires. Cela fait partie de l’exercice de cette chronique BD comique du Guardian, mais c’est le seul aspect un peu répétitif et artificiel de ces dessins, qu’on ne peut pas non plus prendre pour une évocation équilibrée des milieux littéraires. Ce n’est naturellement pas son but, mais il y a tellement de détails qui font vrai qu’on pourrait l’oublier.